Lectures de La Vie de Spinoza des 1er et 2 avril 2009

16 avril 2009

Les lectures de La Vie de Spinoza se sont très bien passées.

Découvrez  la vidéo de cette lecture grâce à ce lien :

http://www.youtube.com/watch?v=vDfmM1RcUnQ 

Nous avons enregistré cette petite séquence le 2 avril 2009 à La Parole Errante, 9, rue Debergue, en présence d’Armand Gatti, de Jean-Jacques Hocquard, ainsi que de Pierre Vial, de la Comédie-Française, et d’un nombreux public d’amis spinozistes  à Montreuil (93) [images Peter Shy]

avec Capucine Deslorieux (Clara van der Kodde), Robert Valbon (Spinoza), Claire Rigollier (Mme Van der Spyck), Michel Cerf (Colerus), Sophie Kaufmann (Mme Aa), Mickaël Schmit (Casearius), Véra Lac (M. Van der Spyck), Maico Silveira (Oldenburg).

pour contacter la compagnie :

lacompagniedugenrehumain@laposte.net

 

   

la suite de Colerus et la liberté de penser…

12 mars 2009

Scène 6 – Colerus et la liberté de pensée. 

au public   colerusetlalibertdepenser.wav 

Colerus.- Tandis que Sa Majesté, le Roi de France finit de s’éclipser, laissez-moi vous dire combien les affaires des Koerbagh se sont envenimées. C’est un soleil noir. Adrien eut un fils ; qui ne s’en réjouirait ! Dans le contexte de confrontations religieuses âpres, intenses, si tendues, cette naissance fit scandale. Adrien Koerbagh fit paraître son fameux « Jardin fleuri composé de toutes sortes de choses aimables  plantées par le chercheur de vérité Paisible Bouchesincère ». Adrien ne manquait pas d’humour. Nous étions en 1668. Le 24 février de cette année-là, est portée une remontrance en l’hôtel de Ville d’Amsterdam. Adrien s’enfuit à Culemburg, son frère est arrêté le 11 mai. Mais Adrien ne s’arrête pas là. Il publie un nouvel ouvrage intitulé : « Une lumière brillante en des espaces obscurs, allumée par le Paisible Bouchesincère ». Il est menacé de bannissement de Hollande et de Frise orientale, ainsi que de confiscation de tous ses biens. 

Un traître survient alors, se disant de ses amis, demandant trois mille florins à la ville d’Amsterdam, qui indique aux enquêteurs le lieu  et l’adresse du fugitif. Détail cruel et malgré tout croustillant, il leur indique le lieu de la transaction à l’Auberge de la Belle Jopie, la tenancière. Il dit que l’homme se présentera tenant en laisse un basset dont le collier sera un ruban rouge avec ce mot de passe : « apportez-vous des nouvelles d’Amsterdam ? ». Le 18 juillet Adrien est arrêté, le 19 il est mis aux fers, le 27 juillet le réquisitoire tombe : il est condamné à avoir le pouce tranché, la langue percée au fer rouge, assorti de trente ans de prison, et tous ses biens confisqués.

  

Colerus et la liberté de penser

12 mars 2009

 Colerus et la liberté de penser

au public

Tandis que SA Majesté, le Roi de France, fini de s’éclipser, laissez-moi vous dire combien les affaires des Koerbagh se sont envenimés.  C’est un vrai soleil noir…

 Spinoza s’explique sur son Tractacus

 

spinozasexpliquesursontractacus.wav

Spinoza s’exlique sur son Tractacus

12 mars 2009

Tractatus Thélogico-Politique 

 

Spinoza.- Résumons-nous, voulez-vous ! Mon Tractatus plaide pour la liberté de philosopher. Dans ce pays,en ces Provinces-Unies, ce qui nous manque c’est l’affirmation de nos principes…et leur application. Non ? Quels sont-ils ? 

 

Nos Néerlandais ont trop tendance à vivre dans la crainte. Ainsi, la superstition règne et nous nuit ; causée justement par cette crainte. Pour ma part, je critique le régime monarchique. Quitte à me faire des ennemis, je penche davantage pour une libre République. Mais, en ces temps la croyance et ses champions sont immolés, sous l’effet et l’abus de la haine et de la cruauté. Par contre, des églises sont transformées en théâtre. Et peut-être, ajouterai-je, des théâtres tournent-ils en lieux sacrés. Il ne reste rien des religions premières, sauf les pratiques vulgaires ou magiques d’un culte extérieur. Et l’homme raisonnable en est réduit à l’état de bête, dans l’impossibilité d’exercer librement son jugement. Pourtant, c’est la lumière de l’intelligence qui devrait s’étendre. 

Encombré des spéculations d’Aristote et de Platon, les religieux ont pu délirer sur les saintes écritures. Nombre de sectes fleurissent, quantité de controverses philosophiques apparaissent. Voilà qu’au sein des Provinces-Unies surgissent les plus vives passions. Or, si l’Ecriture était plus soigneusement comprise, s’il n’était pas perdu de vue que la philosophie n’a rien en commun avec la théologie, nous n’en serions pas là. 

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12 mars 2009

 

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La Vie de Spinoza Acte I scène 1

10 mars 2009

Scène 1 – La Haye, octobre 1693. 

 

Ida Van der Spyck, Colerus puis Henrdryk Van der Spyck 

 

Des coups sourds se font entendre à la porte de M. et Mme Van der Spyck, logeurs de Spinoza. Tandis que Madame Van der Spyck, un fichu sur la tête,  balaye le carrelage de sa demeure… 

 

Ida Van der Spyck .- Oh là ! qu’est-ce que c’est que tout ce tapage ? qui va là ? Êtes-vous déjà de retour, Hendryk ? Inutile de faire tout ce tintouin, tout ce ramdam, tout ce tintamarre, dans ces conditions ! à moins que vous n’ayez oublié votre clé ! dans ce cas, qui aurait pu fermer cette porte ? je vous le demande ! Je ne vois pas. Ce n’est pas moi ! Non, ce n’est pas votre femme, Ida ! C’est donc vous ! Assez tambouriné à la porte et de charivari à cette heure ! 

 

Colerus.- Ouvrez ! Ouvrez ! Y a-t-il quelqu’un dans la maison ? 

 

Ida Van der Spyck.- Qui êtes-vous ? Le diable ou l’un de ses suppôts ? 

 

Colerus.- Colerus, Madame, Colerus votre pasteur !  

 

Madame Van der Spyck.- Mon pasteur ? Le pasteur ! Oh ! attendez, je vais vous ouvrir (elle tient son balai à la main). 

 

Colerus.- Ah ! Madame Van der Spyck, peut-être ? Ouvrez-moi, voulez-vous ?  je suis le père Kohler, votre nouveau pasteur ! 

 

Ida Van der Spyck.- Ah! Le père Kohler, notre nouveau pasteur ! Patience, je vous ouvre (elle saisit sa clé de dessous son tablier; il entre) Que me vaut l’honneur de votre visite ? Est-ce la mort d’un paroissien ou une quête ? Annoncez vous une naissance ou un mariage ? 

 

Colerus.- Rien de tout cela, Madame Van der Spyck, rien de tout cela. Je viens d’être nommé pasteur de votre paroisse en lieu et place de ce bon pasteur Cordes ; voilà toute l’affaire. 

 

Madame Van der Spyck.- Toute l’affaire, dîtes-vous ? Nous vous verrons dimanche pour l’office alors, comme tout office luthérien en notre bonne ville de La Haye ! 

 

Colerus.- Bonne ville et bonne maison que la vôtre, à ce qu’on dit, oui ! Je venais le vérifier moi-même. Je me suis laissé dire que le très célèbre philosophe Benoît Spinoza aurait habité votre maison et…ici dans le Paviljoensgracht, au numéro 72, chez vous ? 

 

Madame Van der Spyck.- On vous l’a dit ?c’est exact ; mais mon mari, Monsieur Van der Spyck, vous racontera tout cela mieux que je ne saurais le faire. C’est vieux tout cela, allez ! notre pasteur. Voilà seize ans, oui, seize années que Monsieur Spinoza  a quitté ce monde. 

 

Colerus.- Monsieur Spyck n’est pas là ? 

 

Madame Van der Spyck.- Je viens de vous le dire. D’ailleurs, j’ai cru que c’était lui qui rentrait… j’ai du ménage voyez-vous… le travail ne se fera pas tout seul

 

Colerus.- Je reviendrai, dans ce cas ; mais j’ai quelques questions… 

 

Madame Van der Spyck.- Vous ne seriez pas un peu … mais oui, c’est cela, revenez un peu plus tard. (elle tient toujours son balai

 

Colerus.- J’ai l’intention d’écrire sa biographie. 

 

Madame Van der Spyck.- Je ne sais pas de que vous parlez mais il est mort, et la seule chose que j’ai à vous dire de Benoît de Spinoza, c’est que c’était un homme calme et tranquille, quelqu’un de sobre, de désintéressé, qui n’importunait jamais personne. Ça non ! Pas de sarabande, ni de hourvari, pas de tumulte avec lui. 

 

Colerus.- Peut-être Monsieur Spyck ne va-t-il pas tarder ? J’avais pensé que je pourrais le voir aujourd’hui. 

 

Madame Van der Spyck.- Monsieur Spyck ? Je l’attends moi-même. Mais revenez donc plus tard ! (elle agite son balai

 

Colerus.- Madame Spyck, ne pourriez-vous pas lâcher votre balai un instant quand le pasteur vous parle ? 

 

Ida Van der Spyck.-  Je lâcherai mon balai quand la maison sera balayée, et ce n’est pas le pasteur qui fera le ménage chez Van der Spyck. 

 

Colerus.- Ca non ! 

 

Ida Van der Spyck.-  Êtes-vous bien pasteur, d’ailleurs ? 

 

Colerus.- Mon nom de plume est Colerus, mais mon vrai nom est Kohler. Et je suis bien le nouveau pasteur. Oui ! Je vous l’affirme, en douteriez-vous ? Deum ter optimum maximum ! (1) 

 

Madame Van der Spyck.- Vous avez l’air d’un pasteur, mais l’air ne fait point le chanteur, et ces manières que vous avez, vous autres, d’user de latin à tout bout de champ, je ne m’y ferai décidément jamais. 

 

Colerus.- Madame Van der Spyck, vous rappelez-vous comment était  Monsieur Spinoza ? 

 

Madame Van der Spyck.-  Oui, il avait une tête, deux bras et deux jambes, à ce que je sache! Enfin, comme vous et moi. 

 

Colerus.-  Certes, certes, Madame Van der Spyck. Mais ses habitudes, ses marottes ? 

 

Madame Van der Spyck.-  Quelqu’un de très simple en tout cas, et qui connaissait du monde, Monsieur le pasteur. Il travaillait beaucoup, et toujours aimable avec ça. Point de marotte ni de grimace avec lui, comme certains. 

 

Colerus.- Oui, mais athée ! 

 

Madame Van der Spyck.- Athée, athée ? Pas pour moi, pas que je sache, ni dans ses écrits, à ce que m’en a dit Hendryk, mon mari, sauf qu’il était philosophe… 

 

Colerus.- Hmm ! Hmm ! Philosophe, mais que d’écrits pernicieux ! 

 

Madame Van der Spyck.- Je vous arrête, pasteur ! (Elle fait mine de le menacer de son balai). Et, si vous, qui ne l’avez pas connu comme moi je l’ai connu, prétendez m’en imposer avec votre latin d’église et vos pernicieux ? Vous pourriez bien repartir d’où vous venez. 

 

Colerus.- Ne vous fâchez pas ! Ne vous fâchez pas, Madame Van der Spyck! Ne voulez-vous pas lâcher un instant votre balai et mieux me renseigner ? 

 

On entend encore  tambouriner à la porte 

 

Madame Van der Spyck.- Oh là ! Encore du tapage, du tohu–bohu, du scandale ? 

 

Hendryk Van der Spyck.- Ouvrez-moi, voulez-vous, Ida ! J’ai oublié ma clé. 

 

Madame Van der Spyck.- Mais c’est ouvert, Hendryk ! 

 

Hendryk Van der Spyck.- Ouvert ? 

 

Entre Hendryk Van der Spyck 

 

Ah oui ! la porte n’est pas fermée, comment est-ce possible ? Je croyais l’avoir fermée en sortant tout à l’heure. Et je n’ai pas ma clé. Je l’aurai oubliée à La Timbale d’Epicure. 

 

Madame Van der Spyck.- A La Timbale d’Epicure, Dites-vous ? Cette vieille façade de taverne mal famée ? 

 

Colerus.- S’interposant entre les deux époux. Ah ! Monsieur Van der Spyck, je suppose ! 

 

Hendryk Van der Spyck.- Oui, Monsieur Spyck, Hendryk Van der Spyck. Monsieur ? (à sa femme) : J’avais un client à voir ! 

 

Ida Van der Spyck.- A la taverne ? 

 

Colerus.- le pasteur Kohler… Colerus…(diplomate, tente de s’interposer). 

 

Ida Van der Spyck.- Un client ? Un pochard, oui ! 

 

Hendryk Van der Spyck.- Ah ! le pasteur Kohler ! que nous vaut l’honneur de votre visite, pasteur? 

 

Colerus.- Eh bien oui, je venais…ayant appris …comme je le disais tout à l’heure à Madame…que vous logiez jadis Spinoza… 

 

Hendryk Van der Spyck.- Vous ne trouverez rien ici concernant Benoît Spinoza qui ne soit déjà dans ses livres. 

 

Colerus.- Oui, mais vous, qui l’avez connu… 

 

Hendryk Van der Spyck.- Un scientifique, mon cher, un savant, un grand philosophe. Et tous ces racontars, je n’ai qu’une chose à vous dire : méfiez-vous-en comme de la peste et rapportez-vous plutôt à votre propre jugement ! Lisez l’Ethique, et ses autres ouvrages. Car toutes les légendes qui circulent sur son compte n’ont fait qu’affubler sa pensée d’un brouillard innommable d’absurdités mensongères, voyez-vous ! Tenez, laissez-moi vous raconter son départ d’Amsterdam, et son arrivée à Rijnsburg (il le prend par le bras et l’entraîne au fond du théâtre) : « Il avait un élève, du nom de Casearius…, sur lequel il fondait un grand espoir…» 

 

Colerus.- Ah ! Casearius ! 

 

Madame Van der Spyck.- à part(reprenant son balayage) 

Je m’en veux un peu tout de même. Si je lui avais raconté que Monsieur Spinoza s’amusait à regarder les araignées, et les mouches dévorées par ces araignées, il en aurait immédiatement conclu que le ménage est mal tenu. Or, il n’y a pas demeure plus propre ni d’intérieur plus soigné que la maison d’Ida Van der Spyck, ce logis hollandais ! Enfin, Kohler ou pas, voilà un pasteur qui cherche à tout savoir. Ouvrons l’œil ! Quant à Hendryk, cette clé oubliée, voilà qui est bizarre, tout de même ! 

 

mercredi 1er avril et jeudi 2 avril 2009

24 février 2009

La lecture de la pièce de Michel Cerf

                   LA VIE DE SPINOZA

aura lieu

les mercredi 1er et jeudi 2 avril 2009 à

20h30  Accueil du public dès 19h30 pour

l’exposition de

 

La Parole Errante :

« Comme un papier tue-mouches

dans une maison de vacances fermée ». 

 

Site de La Parole Errante :   http://www.armand-gatti.org         

Adresse : LA PAROLE ERRANTE à LA MAISON DE L’ARBRE  9, rue François Debergue – 93100   Montreuil. Métro : Ligne 9 (ou bus 102) Croix de Chavaux. (tél. 01. 48. 70. 00. 76)    

                              

                             statue de Spinoza à La Haye, à deux pas de la maison de M. Van der Spick

  

       

LECTURE PROCHAINE DE LA VIE DE SPINOZA

21 février 2009

Chers amis,

 

Voilà c’est fait!

Nous vous donnerons prochainement d’autres informations pour la lecture de

La Vie de Spinoza

de Michel Cerf

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Très cordialement

La Compagnie du genre humain

 

 

 

 

 

 

Liens

21 février 2009

Spinoza base : tout le texte de l’Ethique en latin avec renvoi par thème 

http://baptiste.meles.free.fr/philosophie/spinoza/ethica/ethica.html 

 

Spinoza par wikipedia : 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza

Hyperspinoza donne des indications sur sa vie. 

http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?article1340 

 

l’association des amis de Spinoza : 

http://www.aspinoza.com/

UPJV Amiens :

http://www.u-picardie.fr/

ENS Paris :

 http://www.ens.fr/

Paris 8 Vincennes-St-Denis :

http://www.univ-paris8.fr/

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La Vie de Spinoza

20 février 2009

La pièce est, parfois, comprise par certains comme une « vulgarisation philosophique » ; ce n’est pas le cas. Elle est en revanche une mise en garde contre le fanatisme, contre tous les fanatismes, d’où qu’ils viennent.  Elle est un vivant plaidoyer pour l’esprit de tolérance, la compréhension entre les hommes, le respect mutuel. Spinoza s’affirme encore, aujourd’hui, comme l’ami du genre humain

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